Bahà'u'llàh a déclaré clairement et à maintes reprises qu'il était l'éducateur, l'instructeur attendu par tous les peuples, le canal d'une grâce merveilleuse qui dépasserait toutes les dispensations précédentes et dans lequel toutes les formes antérieures de religions se fondraient comme les rivières se fondent dans l'océan. Il a posé les fondations qui offrent une base solide à l'unité mondiale et qui inaugurent l'âge glorieux de la paix sur la terre et la bonne volonté parmi les hommes, âge promis par les prophètes et chanté par les poètes de tous les temps.
La recherche de la vérité, l'unité de l'humanité, des religions, des races, des nations, de l'Orient et de l'Occident, la réconciliation de la religion et de la science, l'abollitions des préjugés et des superstitions, la proclamation de l'égalité des droits pour tous, hommes et femmes, l'établissement de la justice et de l'équité, la fondation d'un tribunal international suprême, l'adoption d'une langue auxiliaire universelle, l'instruction obligatoire, tout ceci et bien d'autres enseignements du même ordre furent révélés par la plume de Bahà'u'llàh dans la seconde moitié du XIXème siècle, en de nombreux volumes et épîtres. Plusieurs de ces dernières furent adressées aux souverains et aux dirigeants du monde
Son message, unique par sa richesse, sa portée et son but, est en parfaite concordance avec les signes et les nécessités de l'époque actuelle.
Jamais les problèmes nouveaux qui s'imposent aux hommes ne furent aussi importants, et aussi complexes qu'aujourd'hui. Jamais les solutions offertes ne furent aussi nombreuses et aussi contradictoires.
Jamais le besoin d'un instructeur du monde ne fut aussi urgent et aussi universellement ressenti.
Jamais peut-être l'attente d'un tel maître ne fut aussi confiante et générale.
Bahà'u'llàh et l’Ère nouvelle
Dans une causerie sur la méthode la plus équitable de traitement des criminels, Abdu'l-Bahà s'exprima ainsi :
Pour éviter les crimes le meilleur moyen est de faire l'éducation des peuples de tel sorte... qu'ils tremblent à l'idée de perpétrer un crime, et celui-ci leur apparaisse comme le plus grand des châtiments en soi, le pire tourment, la suprême condamnation...
Ainsi aucun délit méritant condamnation ne sera plus jamais commis...
Si quelqu'un opprime, offense ou fait du tort à une autre personne et que l'offensé rend le mal par le mal, il se venge, ce qui est répréhensible... Si Pierre déshonore Paul, celui-ci n'a pas le droit de déshonorer Pierre; s'il le fait, c'est une pure vengeance et il agit mal. Il doit au contraire rendre le bien pour le mal; il doit non seulement pardonner mais encore, si possible, rendre service à son oppresseur. Une telle attitude est celle qui convient à l'homme, car où est l'avantage de la vengeance ? Les deux actions se valent; si l'un est répréhensible, elles le sont toutes les deux. La seule différence est que l'une a été commise en premier lieu et l'autre après.
Quant à la communauté, elle a le droit de se protéger et de se défendre; en outre, la société n'éprouve ni haine ni animosité à l'égard du meurtrier; elle le punit uniquement pour assurer la protection et la sécurité des autres...
Ainsi, quand le Christ a dit : " Si quelqu'un te frappe sur une joue, présente-lui l'autre", son but était d'apprendre aux hommes à ne pas exercer de revanche personnelle. Il ne voulait pas dire que si un loup se jetait sur un troupeau pour le décimer, il faudrait l'encourager. Car si le Christ avait appris qu'un loup, entré dans la bergerie, se préparait à tuer les moutons, il l'en aurait empêché...
La constitution des communautés repose sur la justice... Le pardon et la miséricorde préconisés par le Christ n'impliquent pas la soumission à un ennemi tyrannique; si une nation attaque votre pays, si vos maisons sont incendiées, vos biens pilés, vos femmes, vos enfants et vos proches brutalisés, votre honneur outragé, vous ne devez pas vous soumettre à ces ennemis tyranniques ni leur permettre d'exercer la cruauté et l'oppression. Non, les paroles du Christ concernent l'attitude de deux personnes. Si l'un assaille l'autre, la victime doit pardonner. Mais la société doit protéger les droits de l'homme...
Ajoutons cette remarque : les collectivités s'occupent jour et nuit à établir des lois pénales, à préparer et perfectionner des instruments et des moyens de répression. On construit des prisons, on forge des chaînes et des entraves, on installe des lieux d’exil et de bannissement, on met au point différentes sortes de tortures et de peines expiatoires et on espère discipliner les criminels par ces moyens, alors qu'en réalité ils provoquent la destruction de la moralité et la perversion des êtres.
La société doit au contraire, s'évertuer de tout son coeur, jour et nuit, à faire l'éducation des hommes, à les aider à progresser un peu plus chaque jour, à accroître leur science, et leur savoir, à leur permettre d’acquérir les vertus et une saine moralité, à abandonner tout vice afin que le crime ne puisse plus exister.
(Abdul'Bahà,
Les Leçons de Saint Jean d'Acre, pp. 277 à 281.)
Dans sa prison, dans le lointain Akkà, Bahà'u'llàh secoua profondément son pays natal, la Perse, et non seulement la Perse, mais le monde entier. L'esprit qui les animait, lui et ses disciples, était inépuisablement doux, courtois, patient quoique d'une vitalité étonnante et d'un pouvoir transcendant. Il accomplissait ce qui semblait impossible. Il changeait littéralement la nature humaine. Les hommes qui se soumirent à son influence devinrent des êtres nouveaux. Ils étaient imprégnés d'un amour, d'une foi et d'un enthousiasme tels que les joies et les douleurs terrestres peseaient autant qu'un grain de poussière. Ils étaient prêts à faire face à une vie de souffrances ou à la mort violente avec une sérénité absolue, que dis-je ! avec une joie radieuse !, mus par une inébranlable confiance en Dieu.
Plus merveilleux encore, leur coeur débordait d'une telle joie, dans cette vie nouvelle que toute pensée d'amertume ou de vengeance contre leurs oppresseurs était bannie. Même dans des cas de légitime défense, ils renoncèrent complètement à toute violence et, loin de se lamenter sur leur sort, ils se considèrent comme les plus fortunés de tous les hommes, détenant le privilège de de recueillir cette nouvelle et glorieuse révélation et de lui sacrifier leur vie ou de répandre leur sang pour témoigner de sa vérité. On comprend que leur coeurs soient élevés en des hymnes de joie, car ils savaient que le Dieu suprême, l’Éternel, le Bien-Aimé, leur avait parlés par des lèvres humaines, les avait appelés pour être ses serviteurs et ses amis, qu'Il était venu pour établir son royaume sur la terre et pour apporter le don inestimable de la paix à un monde épuisé par les luttes et les guerres.
Telle était la foi qu'inspirait Bahà'u'llàh. Il annonçait sa propre mission comme l'avait prédit le Bàb et, grâce au labeur dévoué de son précurseur, une multitude d'êtres se trouvait prête à acclamer son avènement. Des milliers d'hommes avaient secoué le joug des superstitions et des préjugés et , le coeur pur et l'esprit ouvert, attendait la manifestation de gloire promise par Dieu. La pauvreté, les chaînes, les conditions sordides et l'apparente ignominie de sa vie ne parvinrent pas à dissimuler la gloire spirituelle de leur Seigneur; au contraire, ce sombre cadre terrestre ne fit que mieux ressortir l'éclat de sa véritable splendeur.
Baha'u'llàh et l’Ère Nouvelle